HOMMAGE AUX ANGES DE LA FONDATION VIRAGE

6055Il y a quelques mois, alors que je me sentais en pleine santé, j’étais loin de me douter que l’hôpital Notre-Dame allait éventuellement devenir ma deuxième maison.

En septembre dernier, le diagnostic de cancer est tombé. J’avais peine à y croire, car je me sentais en pleine forme. Quelle maladie sournoise. Dès que j’ai reçu cette nouvelle coup de poing, j’ai su que ma vie ne serait plus jamais pareille. Des mots que je n’osais pas prononcer avant, allaient désormais faire partie de mon vocabulaire. C’est lorsqu’on est au milieu de la tempête que l’on réalise à quel point il vente fort. Il n’y aurait dorénavant plus de place pour les futilités dans ma vie.

J’ai été assommée, certes, mais une fois l’onde de choc passée, j’ai eu envie de mordre dans la vie à pleines dents. J’ai pris davantage conscience que chaque seconde qui s’envole ne reviendra plus jamais. Autant saisir chaque instant de bonheur et les savourer pleinement. Les miens tiennent à peu de choses. Lorsque par exemple, je me retrouve dans un endroit publique et que le regard d’un bébé dans sa poussette croise le mien, ma gorge se noue d’émotion, ou lorsque je pose un geste généreux envers une personne étrangère et que je reçois un sourire en gage d’appréciation. Ces contacts humains remplissent mon coeur.

Si j’osais révéler aux gens de mon entourage que j’en suis venue à accueillir le cancer presque comme un cadeau de vie, plusieurs auraient du mal à comprendre. C’est que je suis convaincue qu’il n’arrive rien pour rien, et si la maladie est débarquée sans s’annoncer et m’a imposé ce temps d’arrêt, c’est pour m’amener à une autre étape de vie, qui en sera une de changement. On ne peut passer une telle épreuve sans en ressortir grandi.

Ma reconnaissance envers les membres de l’équipe médicale, en qui j’ai remis toute ma confiance et qui font tout en leur pouvoir pour me soigner, est sans borne. Des êtres professionnels, dévoués, sécurisants, souriants, malgré la surcharge de travail.

Mais il y a un groupe de personnes en particulier que je voudrais honorer. Ces gens attentionnés et généreux qui font une énorme différence dans mon processus de guérison. Ce sont ceux que j’ai affectueusement surnommés, les anges de la Fondation Virage. Ces bénévoles qui s’impliquent à chaque jour pour rendre mes visites au centre hospitalier plus agréables. Je me considère choyée, car tout autour de moi, je compte plusieurs personnes qui ont le coeur à la bonne place, et les anges eux, en sont sur deux pattes, des coeurs, en plus de posséder une grandeur d’âme et un sens très développé du don de soi. Sachez que vous contribuez tous largement à mon bien-être et c’est grâce à chacun de vous que j’ai réussi à garder le cap en visualisant le fil d’arrivée et à conserver une attitude positive tout au long de mon parcours, et ce, en participant aux nombreuses activités que vous coordonnez et animez de main de maître. Je ne saurais vous nommer un à un, mais sachez que mon message s’adresse à chacun de vous.

À l’accueil, il y a l’ange rayon de soleil, qui est là pour répondre à toutes nos questions et ce, toujours avec un sourire contagieux dans la voix. Elle porte même le nom d’une fleur, c’est dire à quel point sa personnalité respire la douceur. Elle est bien secondée par des anges qui s’occupent d’organiser nos horaires pour s’assurer que nous ne rations pas d’occasions de profiter des divers services offerts.

Lors de l’atelier «Belle et Bien dans sa Peau», j’ai eu la chance d’être choisie comme modèle par l’esthéticienne. Quel beau privilège! La séance de pomponnage était bienvenue et le moment était on ne peut mieux choisi, car j’avais commencé à perdre mes cheveux cette journée-là. Du coup, j’ai aussi passé du temps avec la dame au salon de beauté et elle m’a donné des trucs pour nouer les foulards de façons originales. Il est important d’être coquette pour se sentir belle et bien dans sa peau, malgré toutes les transformations que notre corps subi durant les périodes de traitements.

Que dire des séances de massothérapie, sur table et en salle de chimio, offertes par des thérapeutes aux doigts de fées. Une merveilleuse façon de se détacher de notre réalité, à tout le moins temporairement, et d’apprécier le moment présent, par le biais de la détente.

Dans la même veine, les cours de yoga contribuent également à créer un équilibre entre l’esprit et le corps, tout en respectant les possibilités et les limites de ce dernier. Nos deux professeurs respirent le calme et la tranquillité et ces moments de pure zénitude sont délicieux.

Le groupe de soutien nous permet d’étaler nos états d’âme dans un contexte de partage et de respect où l’on se donne le droit de décortiquer nos sentiments, accompagnés de deux professionnelles de la santé offrant une écoute active et nous servant de guides dans nos réflexions.

L’écriture a toujours été un exutoire pour moi, une forme de thérapie, alors imaginez ma joie en découvrant qu’il y avait un atelier qui s’y consacrait, animé par un homme de théâtre inspirant. Cela me permet d’évacuer le trop plein d’émotions, à travers des exercices tantôt rigolos, tantôt intellos, parfois touchants, comme le thème que j’ai choisi ici.

Bientôt je vais goûter aux bons soins des kinésiologues dont je n’entend dire que du bien. J’ai hâte de découvrir les bienfaits de ces exercices, qui seront sans doute un excellent complément au programme de remise en forme que j’ai entrepris au cours des derniers mois.

Je ne saurais passer sous silence la présence de tous les autres anges que j’ai eu le bonheur de croiser dans le département d’oncologie et qui remplissent leurs rôles respectifs dans un élan d’altruisme visiblement authentique.

Vous n’avez pas idée les anges, à quel point vous êtes importants et je suis infiniment reconnaissante de la contribution que vous apportez à l’ensemble des services pour rendre la vie plus facile aux patients.

Je sens en moi un genre d’appel, un besoin de donner au suivant. Il est certain que lorsque j’aurai traversé cette parenthèse de vie, j’investirai aussi une partie de mon temps à redonner à la mesure de ce que j’aurai reçu depuis le début de cette aventure en devenant moi aussi un ange. En attendant, je vais continuer à participer aux activités offertes par la Fondation Virage, à faire des lectures ressourçantes, à socialiser avec les personnes qui comptent le plus pour moi, à apprécier les petites douceurs de la vie, telles observer les oiseaux dans les mangeoires et regarder pousser les fleurs dans mon jardin. Des baumes qui apaisent mon esprit.

Merci les anges d’être là pour moi! Merci pour votre soutien indéfectible!

Lynda Piché
Patiente en gynéco-oncologie

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